Trail et Course à pied

  • Tor des Géants (Courmayeur) - 07/09/2014 [330 km / 24.000 m D+]

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    Parcours :

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    Classement 2014 :

    >> Classement

    Résultat :

    Distance (km) Temps Moyenne (km/h) Allure (min/km) Position Nbr Participants
    % position
     332  117:14:00     96 736 13

    Commentaire:

    Voilà, c’était encore un rêve il y a quelques années … et qui est devenu réalité …. Quelle aventure mes amis.

    Après avoir terminé deux années de suite un ultra trail, celui du Grand Raid des Pyrénées et l’UTMB, je me sentais prêt pour tenter une nouvelle expérience : Le Tor des Géants avec ses 330 km, et ses 24.000 mètres de dénivelés positifs et ce avec des cols avoisinant 2300 à 3300 mètres d’altitude  …  Une course vraiment mythique de tous les superlatifs … avec un principe simple, rejoindre la ligne d’arrivée en moins de 150 heures .  A nous de choisir la bonne cadence, le repos et les ravitaillements.

    La montagne m’étant pas facilement accessible, je baserai ma préparation pour ce tor, avec essentiellement quelques trails longs organisés dans ma région à allure modérée principalement avec mon ami Fred (qui préparait l’UTMB). Et suivi d’une randonnée d’un WE en montagne au tour du Fiz près du mont blanc avec de très bons souvenirs en compagnie d’Alain et Fred.

    Et puis c’est avec une grande appréhension que nous nous rendons à Courmayeur, c’est vraiment la grosse inconnue pour moi …. Droopy viendra nous rejoindre et me donnera quelques conseils avisés pour aborder ce tor, lui qui a été finisher l’année dernière.

    On arrive sur place le samedi après-midi, et nous retirons notre dossard. Non sans mal, cette année ,  il y a un contrôle du matériel obligatoire, ce qui provoquera quelques bouchons …mais bon çà sera réglé l’année prochaine. Voilà j’ai mon dossard, un petit repas sympas dans un resto retiré et une bonne nuit s’en suivront.

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    Dimanche Matin, le réveil sonne …. Un bon petit déjeuner avec la recette miracle d’une tartine au Nutella … et puis je me prépare et optimise mon sac avec Droopy. La météo est idéale avec un beau soleil …. On se rend sur le lieu de départ …. Les rues sont déjà  bondées de monde, je rentre dans le sas de départ en saluant comme il se doit Gégé et Droopy. Je me place en fin de peloton, l’ambiance est électrique, le speaker fait monter l’ambiance et bizarrement je suis très calme et apaisé et attends mon heure …. Et puis c’est le décompte 10 , 9, 8 …. 3, 2, 1 « Bon voyage »

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    Il est 10 heure et mon périple commence, on sillonne les ruelles et rues de Courmayeur , l’ambiance est au RDV, je m’arrête un petit instant pour saluer encore une fois mes fervents supporters … allez à tout de suite ….     

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    On traverse Courmayeur et attaquons le premier col , je suis dans les derniers et un petit bouchon s’est formé, mais pas de panique il en reste des km ….

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    On arrive rapidement au sommet du col Arp à 2571 m d’altitude et une descende aussi rapide sans trop de difficulté nous amène au premier point de contrôle à La Thuile. Voilà 20 km de fait, 3h25 de course et Gégé et Droopy m’attendent et sont tout heureux de me voir. Je m’arrête un instant de quoi me ravitailler et de faire un peu la causette. Pour le moment pas de soucis (ça serait malheureux) et je repars de plus belle où le plus compliqué est de ne pas s’emballer.

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    Je repars à l’assaut du prochain col, celui du Passo Alto culminant à 2857 mètres d’altitude, il fait chaud, et les allures sont rapides …. Une nouvelle descente et un nouveau col,  “Col Crosatie” à 2828 m, très sec est à gravir avec un pourcentage effrayant et une fin éprouvante … heureux d'arriver au sommet et d’attaquer la longue descente assez technique. Je passerai un moment devant le monument en hommage au trailer chinois décédé l’année dernière. Je terminerai la descente relativement tranquillement sans me préoccuper des trailers me dépassant à toute vitesse …

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    J’arrive à Planaval, au point de contrôle et de ravitaillement. Gégé et Droopy fidèles au RDV assis sur un muret, me voit passer tout grand sourire et m’accompagnent jusqu’au ravitaillement. Pour le moment on va dire que ça va, mais j’éprouve quelques difficultés en altitude, et j’ai du mal à m’alimenter et boire … allez dans 6 km je rejoins une base de vie …. De quoi recharger les batteries et préparer la nuit. À tout de suite.

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    Chose qui sera faite une heure plus tard. J’arrive à Valgrisenche au lueur de la nuit. J’en profite pour me changer pour la nuit. Mange un bout difficilement et rejoins mes cocos. Je me repose sur fauteuil. Je ne suis pas super bien, mal de l’altitude, manque d’énergie …. Faut pas que je m’éternise ici, faut repartir, et moins d’une heure je repars … allez bisous prochain RDV à Rhêmes N.D.

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    Une longue ascension s’en suit , celui du Col Fenêtre à 2854 m, les premiers km sont aisés mais cela se corse en fin d’ascension , c’est très dur pour moi, Je dois procéder à plusieurs reprises à des pauses assis sur un rocher. Mais pas de panique, je me connais, je sais que c’est passager. Je mors sur ma chic et continue mon ascension. Voilà   enfin, j’en ai fini avec ce foutu col, une descente vraiment impressionnante très très abrupte et dangereuse est maintenant à ce farcir, mais bon j’ai encore de bon reste et dévale les km rapidement pour arriver à Rhêmes N.D.  au km 65 , on est lundi  1h30 , Droopy dort et Gégé m’attend sagement … je n’ai pas une bonne tête et mal au ventre …. Je décide de roupiller 30 min et de me reposer un tantinet en attendant que ça aille un peu mieux … voilà j’arrive à boire un fond de coca … je serai resté plus d’une heure à Rhêmes , il est temps de repartir …

    Le col Entrelor à 3002 m est le prochain objectif … un trailer assez âgé est devant moi, il est lent mais régulier, et je décide de suivre ses pas en attendant que ça aille mieux de mon côté. Mais arrivé à 2300 m, le mal de l’altitude regagne du terrain … et c’est à l’arrache que j’atteins le sommet … une très longue descente nous amène au Eaux Rousses où je me refais une petite santé. Il est 6h45, ça va moyen je me force à m’alimenter un peu et prêt à affronter le le col Loson, à 3299 m , le plus haut sommet du parcours.

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    Allez à l’attaque c’est long, long, très long mais disons qu’avec le paysage et le beau soleil levant, j’avance d’un pas assuré … mais rebelote à partir de 2300m cela devient difficile pour moi et monte péniblement surtout les derniers mètres …  Voilà je bascule de l’autre côté de la vallée pour très longue descente vers Cogne…

    On passe par le refuge Sella, où je me change en mode « journée » et c’est la que Droopy me rejoint on terminera la descente ensemble, celle-ci sera pénible   , tant elle est technique et rocailleuse …. Mais pas de panique, il fait très chaud … et une envie de glace traverse mon esprit …. On traverse Cogne à la recherche d’une gelateria …  rien … et j’arrive à la base de vie. Puis Gégé est là, et est rassurée de nous voir, elle n’avait plus eu de nouvelle depuis un certain temps … et puis me dit” je suis sûr que tu as une envie de glace, et devines ce qu’il y devant la base de vie ? ” … et oui “ km 0” sponsor du tor est là … je ne pointerai même pas, je me pose sur l’herbe et dévore 4 boules Nocciatela … hmmm c’est trop bon. Je retrouve des couleurs, on entre dans le point de vie à Cogne, on est lundi 13h23. Je décide de roupiller 1 heure, je m’alimente enfin correctement et repars en pleine forme et tout heureux à 15h45, non sans reprendre 2 boules …. Je suis boosté et quitte Cogne. mes acolytes  m’accompagnent un peu …  Droopy me signale que l’ascension n’est pas trop compliquée et que la descente qui suit est une autoroute ☺

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    Je me sens en pleine forme, et attaque le Col « Fenêtre di Champorcher » et j’arrive au sommet sans trop de difficulté, et commence la descente … beaucoup de cailloux, énormément de cailloux … mais pauvres petits pieds souffrent terriblement…

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    une petite pause au très sympathique refuge Dondena et je poursuis la descente qui se complique fortement avec un partie très, très  technique avec un devers impressionnant, mes pieds hurlent et un moucheron s’est faufilé dans mon œil qui commence à s’irriter … j’arrive à Chardonney, il est 22h32,  les pieds en feu et l’œil amoché, je ne suis pas beau à voir … Gégé est sur place et s’inquiète un peu …. Pas de soucis lui dis-je. Une petite claque au passage à Droopy pour « l’autoroute »,  Je fais soigner mon œil par le médecin, et un petit massage réparateur des pieds  et me voilà d’attaque pour la suite de la descente vers Donnas.

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    Je me sens très bien, et poursuis ma descente rapidement, j’ai de bonnes jambes, j’arrive le mardi à 2h48 à Donnas au km 149 après avoir traversé de superbe village. Je mange un bout et décide de dormir 3 heures. Je me réveille comme prévu, prends une bonne douche, un solide déjeuner et attend Gégé qui est censé me rejoindre … j’attends , j’attends, je l’ai au téléphone, elle cherche depuis 30 min mais ne trouve pas … pas de panique, on se donne RDV à Perloz, et je quitte Donnas en bonne forme, passe le Pont Saint-Martin , une côtelette avec des vergers où je profite pour manger quelques pommes et raisins sauvages …. J’arrive rapidement dans le charmant village de Perloz, on fait sonner les cloches et suis accueilli chaleureusement. Gégé m’attend , on fait un bout de chemin ensemble, et au pied du Col Coda, on se quitte et RDV en soirée à Niel …

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    L’ascension est rude, vraiment rude en ligne droite. Je prends un bon petit rythme et arrive à le tenir jusqu’au sommet au refuge Coda et heureux de constater que je n’ai plus le mal de l’altitude, ouf ti ;-). Le temps est changeant, le soleil a laissé sa place à la brume et à la pluie, il fait très frais. Vite ma veste de montagne. Je poursuis ma descente technique et glissante sans trop de soucis.

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    Au Lago Vargno, je m’arrête dans un refuge, où je suis accueilli chaleureusement, et partage un repas copieux avec les autochtones. Je repars de plus belle pour une succession de col et de descente éprouvante dont celui du Col Marmontana, pour terminer avec celui de la Vecchia, où je m’arrêterai un instant, un petit barbecue sur pierre a été improvisé, c’est le pied …. C’est ici que je croise un certain Christophe S., on échange quelques mots, on sympathise, c’est son déjà son 3ème tor, il est belge, on se donne rdv à plus tard, et aborde ma descente vers Niel.

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    Et c’est là que le ciel nous tombe sur la tête. Cette descente est rendue hyper glissante sur la roche  et la boue … je ne pourrai faire autrement que tomber au moins 7 fois. Heureusement sans graviter. C’est vraiment un enfer cette descente, et elle ne se termine pas …… heureusement qu’en fin de descente Droopy me rejoint, le morale remonte d’un cran, et arrive sous un déluge glacé à Niel. On est mardi 20h04

    On entre dans le refuge, c’est étroit, il y a trop de monde. Je mange un bout, je me change en mode nuit, froid et pluie. Je ne m’attarde pas trop et repars. Avec le col Lasoney à 2364 m en point de mire, et la descente très humide et boueuse qui s’en suit … dur dur …. La dernière partie est une descente périlleuse sous la roche glissante, mes chaussures n’accrochent pas, toujours à la limite de la chute,  et je descends laborieusement … je commence également à avoir des hallucinations, où je suis persuadé d’être déjà passé par ici !!!

    Enfin du bitume, je n’aurai jamais été aussi content de voir du macadam …. Quelques km et voilà le 4ème point de vie à Gressoney-Saint-Jean au km 200, on est mercredi 1h00 du mat. Gégé m’attend grand sourire. ça réchauffe … vite une bonne douche, et un dodo bien mérité, 3 heures de sommeil …

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    Je me réveille, Gégé est toujours là, est la passé la nuit ici. Allez un bon petit déjeuner, je me prépare et quitte à 5h00 du mat Gressoney. La Nuit à été réparatrice, je me sens très bien et monte sans trop de soucis le Col Pinter culminant à 2776m. Une longue descente douce permet de rejoindre le village de Saint-Jacques, en passant par Crest. Il fait de nouveau très chaud. Les pieds sont toujours en feu, une petite ampoule douloureuse sous le talon droit et une hémorragie sur les orteils des petits doigts … allez un Comped ca devrait tenir le coup ….  Déjà 222 km , on est mercredi 11h30, ça diminue et un petit bye bye à Gégé et je repars , pour atteindre le Col di Nana en passant par le refuge Grand Tourmalin. L’ascension me paraîtra assez aisé, et puis 6 km  de descente avec des paysage somptueux, c’est l’après-midi et c’est magnifiquement beau.

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    J’arrive rapidement à la 5ème base de vie à Valtournenche au km 236 le mercredi 16h22. Déjà 80 heures de courses. Il y a du monde et suis accueilli par les fervents applaudissements du public. Cela me rebooste et me donne du baume au coeur.  Gégé arrivera quelques minutes plus tard. Je m’alimente très bien. Je m’habille en mode nuit et repars une heure plus tard. je serai esseulé un bon moment … et puis une partie assez technique de 35 km est prévue pour toute la nuit … allez ça va d’aller ;-)

    J’atteins la Fenêtre du Tsan à 2738 m, il se remet  à pleuvoir avec un vent glacial. Vite mes protections pluie et froid … je continue l’ascension  et quelques signes de fatigue font leur apparition, j’ai du mal à me concentrer …  et au Bivouac Reboulaz, je décide de dormir 30 minutes … oh que cela fait du bien …. Mais je dois me forcer à me réveiller, c’est bon ici, il fait chaud ici …. Allez faut pas que je traîne ici, allez mes habits de combats et je repars en plein milieu de la nuit. Il fait toujours très froid, mais plus de pluie, plus de nuage, et la pleine lune éclaire divinement  les montagnes, avec au loin les éclairs orangés, c’est un décor ésotérique qui s’offre à moi, c’est magique …. J’atteins le col Cunéy le jeudi vers 2h15 du mat. Je reçois un message de ma fille… et qui apparemment ne dort pas pour me suivre, merci ma chérie … Je continue ma chevauchée avec une succession de descentes et montées très abruptes et éprouvantes, un petit arrêt très sympathique au bivouac Clermont, et puis l’assaut du Col Vessonaz à 2788m avant la descente aux enfers vers Oyace …

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    La première partie, ça descend avec un pourcentage impressionnant et ça glisse, mais j’aime ça et me prend même au jeu … mais la suite et un longue descente peu pentue sur des galets et cailloux, c’est interminable, interminable, interminable, on rentre en pleine forêt on ne voit rien. J’ai l’impression d’entrer dans le centre de la terre, et c’est interminable, ça n’en fini pas, et les pieds crient hurlent. Quel bonheur quand j’arrive enfin au village d’Oyace. Gégé me rejoindra quelques minutes plus tard. J’en profite pour soigner un tantinet mon pied droit, mange un petit bout. On est Jeudi 7h25. Il n’y a pas trop de monde, c’est très calme, trop calme. Après une heure sur place je repars, en m’habillant en mode jour….  Le col Brison et ses 2492m sera avalé rapidement par contre la descente sera douloureuse avec mes pieds meurtris … çà brule …

    J’arrive à Ollomont au km 283 , le jeudi à 12h40. Il fait bon et beau vivre ici. Les gens sont vraiment charmants. Gégé est là (droppy quand à lui est retourné en Belgique) . En priorité mes pieds … et sous le conseil de la podologue, un bain de pieds glacé …. Hmm je me sens revivre …. Ensuite une bonne douche revigorente. Ensuite je me fais soigné les pieds par la podologue, qui me reconnaît étrangement (elle m’aurait soigné lors d’un UTMB) , ensuite une heure de dodo étrangement seul dans la salle de sommeil. Et puis un bon petit repas sympa dinde et pâtes. Et puis une grande décision je change de chaussures, style rando …. Et que du Bonheur … j’ai moins mal au pied, ça va le faire me dis-je … allez plus que 50 km … une formalité ☺

    Je quitte Ollomont à 15h00 … et gravi le col Champillon à 2709m honorablement,

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    redescends m’arrête dans un refuge rustique, c’est là qu’un français et Guy B. un belge me rejoignent, on décide de continuer la course ensemble, nous avons plus ou moins le même rythme. On s’habille chaudement et on repart. Avec un longue portion en légère descende pour atteindre Saint-Rhémy-en-Bosses au km 303, il est 20h49. Il fait vraiment froid, la fatigue n’aidant pas. Et Gégé toujours au RDV avec son sourire …. On mange un bon plat de pâte, j’ai besoin de dormir un peu … je propose à Guy à petit dodo de 30 minutes, ensuite on s’habille très chaudement et on part à l’assaut du dernier et terrible col Malatra dominant le val ferret avec ses 2936m.

    On gravit le col avec un bon petit rythme, on s’arrête 30 minutes pour siester dans le refuge moderne Frassati, et on repart , les derniers mètres sont terribles, et on comprend pourquoi la course avait été stoppée ici en 2012. Nous avons de la chance, il fait froid mais sec.

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    Voilà enfin le dernier Col. Il n’y a plus qu’à rejoindre Courmayeur … mais non sans mal … la descente vers le refuge Bonatti est long ….c’est la nuit, on a sommeil, il manque des balises, mangées par les vaches … cela nous paraît long, très long. Arrivez au refuge Bonatti, le vendredi à 4h00 du mat, on boit juste un bon double expresso, on sieste 20 minutes. Et puis on repart pour l’assaut final.

    Étrangement cela s’électrise, apparemment le top 100 est en jeu, et la compétition reprend ses droits. Les allures s’emballent, et on a oublié les 300 premiers km … Arrivez au refuge Bertone, il n’y a plus qu’une descente. Toutes les douleurs s’estompent, on dévale la pente et arrivons rapidement sur le Macadam de Courmayeur pour les derniers mètres, on est le vendredi 7h14, ça fait 117 heures je j’ai quitté cette village et me voilà franchissant en compagnie de Guy cette ligne d’arrivée…

    Gégé est là pour nous accueillir toute fière et heureuse,  et le speaker qui nous interview . je ne comprend pas très bien, on est bien esseulé dans le village. Mais je comprendrai plus tard, que l’on est diffusé en directe sur l’Internet.

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    Un coup de bigophone à mes enfants, je reprends la voiture, c’est étrange …. Une bonne douche un petit dodo. Et puis je suivrai l'arrivée des célestes qui arriveront entre vendredi après-midi et samedi midi.

    Je ne réalise pas encore très bien, je suis encore dans les nuages … j’ai du mal à redescendre …. Je suis super heureux d’avoir bouclé ce tor et triste que cela ce termine …. Il va falloir certainement encore quelques semaines pour redescendre sur terre à 200 mètres d’altitude…

     

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    Je tenais à remercier mes nombreux supporters qui m’ont suivi jours et nuits sur le site et qui m’ont envoyés de nombreux messages d’encouragements. Le Ghdc et sa direction, pour m’avoir sponsorisé et encouragé au sein de l’institution, l’OTC avec Fred et Pat en tête d’affiche arborant fièrement les couleurs de l’OTC, Le CPMV à travers Jean-Louis. Mes enfants chéris, oui j’ai porté tout au long de ma chevauchée votre porte bonheur et pensais souvent à vous. À Droopy, venu spécialement sur place, pour me conseiller et me soutenir et puis Gégé qui m’a suivi tout le long du parcours. Et même si l’assistance n’est pas forcément nécessaire, c’est vraiment un luxe et aide précieuse mentalement pour ce genre d’épreuve.  

  • Run & Bike - Relais sur l'Heure (Beignée) - 01/06/2014 [11,5 km / 14 km]

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    Parcours du 14 km :

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    Parcours du 11,5 km :

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    Classement 2014 :

    >> 11,5 km

    >> 14,0 km 

    Résultat :

    Distance (km) Temps Moyenne (km/h) Allure (min/km) Position Nbr Participants % position
     11,5  0:46:23  14,9  04:02  3  86  3

     

    Commentaire:

    Me voici à ma 5ème participation du Run&bike sur l’Heure organisé de main de maître par l’école Saint Louis de Beignée. Il commence effectivement à être rodé avec la 19ème édition. Le parcours est immuable, car il plait depuis toujours, avec deux distances proposées : 11,5 et 14 km, démarrant tout deux de Nalinnes Haies. Quelques difficultés parsèmeront le parcours : chemins boisés, descentes techniques, sentiers caillouteux, côte de l’Amérique pour retrouver  Beignée pour le 11,5 et la côte du Flaya et du pont Jérôme pour le 14, qui mettront à mal les vététistes. Cette année, beau soleil, température idéale, sol relativement sec …. Il y a de la performance dans l’air …

    Pour cette édition, j’aurai la chance de participer avec Fils Ludo du haut de ses 11 ans, il est tout motivé pour runbiker avec son papa. Voilà encore une bonne raison de participer à cette course.  Cette édition sera un franc succès avec 42 équipes sur le 14 km et 86 équipes sur le 11,5 km.

    Ludo n’étant pas très à l’aise en vélo, on ira faire un petit tour la veille de quoi lui rappeler quelques souvenirs, le seul Hic étant la taille du vélo : on prendra le sien un petit vélo 20 pouces qui a du mal dans les montées, dans les passages caillouteux et pour mes jambes … mais bon on fera avec.

    Pour la stratégie de course, on s’est mis d’accord avec Ludo, les passages techniques et les montées je le ferai sur son mini vélo, et lui à pied … 

    Après le départ du 14 km, c’est à notre tour … je démarre en course à pied, de quoi mettre une cadence. Devant ça démarre comme des fous furieux …. Ça y est Ludo, me voit et on part dans notre croisade, avec un rythme certain … Après 1 km les organismes, s’épuisant on retrouve notre place presque définitive. On fera une grosse partie de la course avec un binôme jeune, que l’on dépasse de temps en temps et qui nous repasse dès que l’on fait un changement de vélo (on n’est pas encore très doué ...) ou lors de passages difficiles pour le mini-vélo … 

    Mais arrivés au pied de la côte de l’Amérique, avec ses 30 kg à tout cassé, Ludo s’envole et j’essaye de le suivre avec peine sur le vélo. On arrive sur la place de Beignée avec une petite avance que l’on gardera pour franchir la ligne d’arrivée, main dans la main … Sourire aux lèvres, une 3ème place au scratch, il est tout heureux ….  Avec un honorable chrono.

    Bravo Ludo, je suis fier de toi ! et très heureux d'avoir pu partager ce moment avec toi, on a vraiment formé une équipe, où l'on s'encourageait mutuellement.

    On remettra certainement cela l’année prochaine … et on va travailler certainement nos transitions en vélo et peut-être sur un plus grand vélo …. 

    Pour la petite histoire, le record de l’épreuve, sur le Relais sur l’Heure,  a été pulvérisé par le binôme Davy et Steven Jr en un temps de 45’37’.

    Bravo encore une fois aux organisateurs pour cette remarquable édition, c’est un fête !!!

     

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    Galerie photo :

    Galerie Photo 1

    Reportage Telesambre :

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  • Trail de la Vallée de la Thyria (Somzée) - 25/05/2014 [10-22 -38 km]

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    Parcours  :

    >> 38 km

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    >> 22 km

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    Commentaire :

    Non, je ne suis pas mort … après quelques mois d’absence, je reprends la plume,  je n’ai toutefois pas chômé. Après quelques mois sabbatiques, j’ai participé à quelques trails et courses à pieds en mode dilettante.  
     
    Me voilà maintenant en mode préparation pour le Tor des géants, les choses sérieuses commencent,  et je m’efforce à participer à quelques trails afin d’engranger  petit à petits les kilomètres. Et celui du jour est tout tracé ! et ce à quelques pas de chez moi. J’avais déjà eu l’occasion d’y participer l’année passée lors de la première édition, avec une distance de 31 km et sous les averses … cette année quelques kilomètres en plus et un beau et grand soleil !
     
    C’est ainsi que nous nous rendons tout sourire afin de redécouvrir nos belles vallées. Nous serons près de 200 trailers au total, pour les 3 distances proposées, 10, 21 et 38 km. Nous partons les premiers, avec une poignée de trailers, à l’assaut à 12h30, et bien encadrés par le nombreux bénévoles. 
    Après un tour de terrain de football de Somzée, comme à la belle époque, nous parcourons quelques rues du village pour entrer de suite dans le vif du sujet avec une première longue ascension dans les bois de Thy-le-Bauduin.  Fabrice Pasque est parti seul devant, et il ne sera plus inquiété. De mon côté, je cours en compagnie de Bruno, un  collègue de travail de Droopy, on fait connaissance et on fera une grosse partie du trail ensemble. 
     
    On redescend sur le village de Thy-le-Bauduin, pour retrouver des chemins campagnards. Vers le 9ème km, c’est la bifurcation des 20 et 38 km. De notre côté on se dirige vers Hanzinelle, près d’un bureau de vote … un petit ravitaillement bien mérité et nous revoilà repartis avec une grande boucle forestière relativement plate jusqu’au bois d’entrainement du club de jogging de Gerpinnes & Co. Le bois du Tournibu sera ainsi revisité. Nous retrouvons Hanzinelle au km 26, passons le moulin, longeons la Thyria et crapahutons de nouveau dans les bois de Thy-le-Bauduin . 
     
    Un deuxième ravito nous attend au 30ème kilomètre. Il faudra bien cela pour enchaîner les nombreuses côtes de Laneffe. C’est là que je lâche Bruno, pour terminer seul les derniers kilomètres.
    Je retrouve les chemins campagnards de Somzée, vois au loin les phares du terrain de foot, ça sera une formalité, avec un dernier tour de terrain, pour terminer en beauté.
     
    Et assez comblé par la remarquable organisation de l’ASBL Currere qui  a mis les petits plats dans les grands. Et pourquoi pas pour l’année prochaine encore plus de côte … 
    En tout cas, voici un trail qui gagne à être connu.
     

    Classement 2014 :

    >>Classement

    Résultat (50 km):

    Distance (km) Temps Moyenne (km/h) Allure (min/km) Position Nbr Participants % position
     38  03:23:47  11,2  05:22  2  22  9

     

     

    Photo :

    >> Galerie 1 (ASBL CURRERE)

    >> Galerie 2 (ASBL CURRERE)

     

  • Maratoni di Ravenna - 10/11/2013 (42,195 km)

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    Parcours  :

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    Commentaire :

    Après une longue trêve compétitive, mais non sportive, nous voilà de retour avec un petit marathon festif et en dilettante au pays de la bonne cuisine avec une tripotée Otécienne.

    Le marathon gagnant a été méticuleusement sélectionné suivant des critères bien propres à nos valeurs.Le marathon de Ravenne est sorti naturellement du lot avec le faible taux de participations, son onctueuse gastronomie, ses alcools locaux, sa culture, sa beauté, son charme environnant, sa chaleur humaine, son authenticité.

    Tout était donc réuni pour performer dans la bonne ambiance au dépens du chrono.  Nous louerons sur place un charmant appartement et fêterons dignement notre arrivée entre plats, vin, visite, plats, vin, sorties, plats, vin et Fernet-Branca !!! Une découverte qui est devenue par la force des choses, la boisson officielle de l’OTC ! Une immondicité qui forge le caractère et le courage !

    Côté sportif, ben oui il y a eu du sport tout de même …, nous allons parcourir ce marathon en groupe, à part Pat, Michel et John qui défieront le chrono et Renault gambadant sur une distance de 30 km.Pour pimenter la course, j’essayerai de parcourir ce marathon pieds nus … tant qu’à essayer des minimalistes, je pousserai le concept à fond …. Quelques entraînements dans les rues pourries de Tarcienne feront l’affaire.

    Et c’est parti avec un petit tour de stade et puis les campagnes italiennes longues et monotones. Mais la bonne humeur est bien présente. On se calera juste derrière le ballon des 4h00 … on arrive doucement sur la ville côtière, pour repartir dans l’autre sens et toujours ces routes de campagne et ses routes faisant honneur aux tracteurs du coin …

    Près de 30 km et on retrouve le port de Ravenne que l’on longe dans un sens et puis dans l’autre de quoi croiser différentes allures … C’est ici que Manu, qui entame son premier marathon et victime de son hygiène de vie des jours festifs, commence a trépasser … on continuera ensemble …. On traverse un parc à la dolomite perçante et puis enfin la ville historique et les badauds de circonstances …Un peu d’encouragement, quelques beaux décors, de quoi repartir de plus belle. Michel H. et Alex. nous attendent sagement.

    On terminera les 5 derniers kilomètres ensemble sur les routes en pavés.Voilà ! Nous franchissons cette ligne d’arrivée tout heureux et accueillis par la pluie qui fait son apparition ….

    Et voilà de quoi nous relancer festivement pour le restant du séjour avec quelques restos, une visite culturelle et la visite d’une micro-brasserie ….Voilà un marathon comme je les aimes, j’ai pris deux kg après notre virée marathonienne … qui dit mieux ?  

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  • UTMB (Chamonix) - 30/08/2013 [168 km / 9800 m D+]

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    Parcours  :

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    Classement :

    >> Classement UTMB 2013

    Résultat :

    Distance (km) Temps Moyenne (km/h) Allure (min/km) Position Nbr Participant % position
    168 35:42:40 4,72   385  2469  15

     

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    utmb

    Commentaire :

    Après l’échec de 2011, comme tout bon trailer qui se respecte,  il me fallait retenter l’aventure utmbienne. Et cette année, j’avais les fameux points qualificatifs dans la poche et la certitude d’être repêché, et donc c’est sans hésitation que nous nous sommes inscrits avec Fred sur la distance reine.

    Voilà, il n’y avait plus qu’à se préparer et attendre fin août …  quelques longs trails et quelques sorties spécifiques parachèveront mon entraînement. Et c’est avec une certaine placidité que je me rends à Chamonix.

    La météo semble idéale, rien à voir avec les trois dernières éditions, et c’est le parcours orignal qui nos attendra, ouf ti, me voilà rassuré !

    Après avoir retiré nos dossards, le vendredi matin et essayé de s’assoupir un peu, on se rend sur la zone du départ, sur la place de Chamonix. Les trailers y sont déjà nombreux, ainsi qu’un nombre impressionnant de spectateurs, le long des rues. L’ambiance y est électrique et le speaker fait monter la tension jusqu’au décompte final : 10, 9, 8 …., 3,2, 1 Go Go Go, c’est parti ! Je ne réalise pas encore très bien ce qui m’arrive et je profite du bain de foule qui acclame et encourage les 2500 ultratrailers. C’est l’euphorie, c’est magique, on se  sent pousser des ailes. D’ailleurs ça s’emballe autour de moi et je me fais dépasser régulièrement … de mon côté j’ai activé mon régulateur, je sais l’aventure longue.

    Pour cette édition, je n’avais qu’un mot d’ordre ; le plaisir, et c’est sans montre, sans profil, et sans gel ou poudre magique que je compte boucler la boucle à la sensation.

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    Déjà plus de 5 km et toujours un public soutenu !!! Je n’avais jamais eu l’occasion de rencontrer une pareille ambiance, c’est la folie … Nous arrivons rapidement aux Houches avec un premier ravitaillement en eau et toujours ce public en liesse.  Et nous attaquons la première difficulté du jour : la montée vers le « Delevret » : sans trop de difficultés, on la gravit sur la route large et rôtie au pourcentage honorable, je croiserai sur cette même route de sympathiques accompagnants belges de la région d’Orval que nous avions rencontrés à Bourg Saint Maurice, lors du suivi de la TDS. Un petit encouragement bien personnel et c’est reparti, voilà on atteint les 1739 mètres d’altitude. 

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    C’est le moment de rejoindre Saint-Germain, sans trop de difficultés nous redescendons les 7 km pour atteindre le village, avec un premier gros ravitaillement. Je croiserai la maman de Romain et son compagnon. Après un tout petit break, les choses sérieuses commencent, ce n’est pas moins de 24 km d’ascension qui nous attendent pour atteindre la Croix du Bonhomme …

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    La première étape est le village des Contamines avec de petits faux plats montants, et ensuite la Balme où cela commence à grimper sec.

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    Au contrôle, on me proposera d’ajouter une couche supplémentaire : à ce qu’il y parait, il fait très fois au sommet. Je m’exécuterai donc, avant d’entamer cette longue ascension vers la Croix du Bonhomme.

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    Plus de 5 km où le sentier fait place à un amas de roches et c’est de plus en plus rêche, on traverse même un névé, cela devient dur surtout le dernier kilomètre, où la roche devient glissante et j’en ferai les frais …

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    Après le pointage, nous redescendons sur Chapieux, avec une partie assez technique au début, pour retrouver une portion plus aisée, ce qui ne m’empêchera pas de chuter, heureusement légèrement, juste quelques écorchures au genou … voilà Chapieux atteint, avec un contrôle du sac et puis un ravitaillement bien mérité. Il y a de l’eau pétillante, le bonheur …. C’est à ça que je vais carburer principalement en lieu et place du cola qui a tendance à me perforer l’estomac …..

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    Après avoir fait soigner mon genou, je repars à l’assaut du col de la Seigne. La première partie se fait sur macadam, il est minuit passé, j’en profiterai pour lire quelques SMS d’encouragements sous la blancheur de la lune et des étoiles. Je suis boosté et j’entame l’ascension du col, en lacet au début, pour terminer en ligne droite, c’est très dur pour certains … moi je suis en cadence et je sais l’Italie proche … ça y est, je franchis la frontière ….

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    Une petite descente technique rocheuse à souhait comme je les aime me permets de rejoindre rapidement le Lac Combal.

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    La nuit est toujours pesante, et une anicroche sur le passage, l’arrête du Mont Favre, petite mais costaude …. Je progresse doucement, mais surement ! Un point de contrôle au sommet, sous une cabine de téléphérique, c’est féérique.

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    On peut repartir vers le col Checrouilt, principalement avec des descentes caillouteuses, avant la grande désescalade vers  Courmayeur à travers un sentier extrêmement poussiéreux et glissant, entravé de marches irrégulières et sinueuses. Il fait toujours nuit, et ma lampe frontale fait des siennes, j’aborderai cette portion avec précaution. 

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    Je vois enfin la ville illuminée de Courmayeur, et je rejoins le complexe sportif, où un gros ravitaillement nous attend.

    Je m’y repose un instant avec une micro sieste de 15 minutes salvatrice à même un banc, et puis  un plat de pâtes, puis faut se relever et repartir … la machinerie est refroidie, je quitte le complexe laborieusement, ça grince, ça crie, ça hurle, mais je prends mon mal en patience et retrouve ma température de croisière, Go Go Go à l’assaut du refuge Bertone.

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    Le jour se lève, et m’allège. On peut commencer à contempler le paysage et la vallée de l’Aoste qui s’ouvre à nous. Je commence à grimper : les 800 mètres d’ascension sont vraiment éprouvants, quelques signes de fatigue me contraignent à procéder à quelques pauses régulières, afin de retrouver mon souffle. Deux heures plus loin, enfin le refuge, juste de la souplette en guise de récompense … 

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    Voilà je suis presqu’à mi-course. Bilan provisoire : toujours un bon mental, toujours de bonnes jambes mais quelques signes de fatigue, et direction un prochain refuge celui de Bonati … sur le papier cela est plat, sur le terrain, c’est bien autre chose … ça monte et ça descend … mais le paysage environnant est tout simplement époustouflant, et nous fait oublier la douleur. Le massif du Mont- Blanc se dresse juste à côté de moi avec ses aiguilles et ses glaciers.  

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    Cela fait un petit temps que j’accompagne un Français, c’est sa première expérience et nous partageons de bon moment, le temps passe plus vite. Le refuge Bonati est atteint sous les sourires chaleureux des bénévoles, direction Arnuva.

    Sans trop d’encombres, je descends vers le point de ravitaillement, où je m’octroierai une petite pause avant d’essayer d’en découdre avec le monstre, le col Ferret.

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    La première partie est horrible, la seconde aussi et la fin tout autant, et ce sous le soleil pesant, quelle joie quand on me bippe au sommet. Allez une de faite, ça diminue. Et je rentre en territoire helvète, ciao italia, tu sei la più bella.

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    Next step, le hameau de La Fouly dans le val Ferret, où je sais ma petite famille présente.

    La descente est relativement simple pour commencer, mais à l’approche du village, les choses se compliquent avec quelques montagnes russes et des pentes grinçantes. Mais j’atteins celui-ci plus frais qu’à l’édition 2011, ce qui est de bon augure. Je rentre dans le village, et un speaker met de l’ambiance et puis annonce que Xavier Thévenard vient de franchir la ligne d’arrivée après 20h35 …. Et moi tout penaud, il me reste encore 57 km ….. je vais vite rejoindre ma petite famille, toute fière de me voir présent dans un état respectable … et puis un magasin devant moi, avec une publicité d’une marque de crème glacée, l’envie me prend … voilà mon ravitaillement hmmmm c’est trop bon. Allez faut pas que je m’éternise ici, RDV à Champex, et c’est avec une certaine appréhension, que je redémarre, c’est bien là que j’avais trépassé il y a deux ans …

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    C’est toujours aussi difficile de repartir, les cuisses vous rappelant à l’ordre, mais ici c’est moi qui fais la loi et je vous ordonne de courir, non mais ! …. 

    Ce n’est pas trop compliqué, et nous traversons quelques petits villages typiquement suisses, avant de crapahuter dans le sentier aux champignons permettant de rejoindre les hauteurs de Champex pour le plus gros ravitaillement du parcours. Statistiquement, c’est à ce point de contrôle qu’il y a le plus d’abandon, mais moi je n’y pense même pas, je le terminerai cet utmb, même s’il faut ramper ;-)

    Ici l’ambiance y est paisible, les accompagnants peuvent rentrer dans la zone de ravitaillement, et c’est une ambiance chaleureuse qui s’y dégage … je profiterai de ma petite famille, d’un petit massage et ensuite d’un bon plat de pâtes avant de repartir vers l’enfer : « Bovine », où j’ai encore en souvenir mon CCC en 2010, avec cette montée chaotique …

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    Toujours aussi dur de repartir, après s’être refroidi … Ici, le combat durera 2 km avant que je ne puisse commencer à trottiner … on se dirige ainsi au pied de Bovine, mais le parcours est bien changeant, une première côte abordable, avant d’amorcer la douloureuse. Oups ! Que c’est impressionnant ! Le pourcentage est effrayant et il faut bien se pencher en avant sous peine de retourner à la case départ, quel enfer cette montée … et mètres après mètres ou plutôt centimètres par centimètres j’arrive enfin au point de contrôle, et ce tout heureux !!  Impressionnant, je crois que c’est la côte la plus longue et la plus sèche que j’ai faite dans ma vie et chapeau aux bénévoles qui ont du certainement amener le matériel à pied …. Malheureusement pour moi, ça continue de monter encore et encore … on traverse des pâturages, sous le regard pantois des vaches … 

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    Enfin, on peut procéder à la descente vers Trient, un peu technique au début, et puis abordable. De temps en temps je m’octroie une petite pause, assis sur un rocher pour contempler le paysage avant la tombée de la nuit et puis relire les SMS qui boostent mon capital moral.

    On arrive ainsi à Trient, dans le Valais Suisse. Je me ravitaillerai chaudement avant d’entamer ma seconde nuit. 

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    Je m’équipe en circonstance et je pars affronter en guerrier Catogne, avec une montée régulière et longue et régulière et longue … un peu monotone quoi, et la pénombre a laissé place à l’obscurité. Et je grimpe sans broncher en mode « cruise control » jusqu’à atteindre le point de contrôle … 

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    Allez une longue descente vers Vallorcine nous est offerte … la première portion est encore ludique, mais la seconde est beaucoup plus exigeante, entre dévers et souches, il faut jongler avec tous ces pièges, quelques virages plus loin, j’entends un peu d’ambiance, et puis un nombreux public malgré l’approche de minuit, il y a de l’ambiance ici … C’est le dernier gros ravitaillement, j’en profite donc avant de donner RDV à ma petite famille à l’arrivée … il reste encore 18 km …. Certes, qu’est ce que 18 km par rapport à 168 ? Mais bon : le col Montet, la Tête aux Vents et la Flégère sont encore à se farcir, … mais il était écrit que ce n’était pas aujourd’hui que j’allais faiblir !

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    Allez hop hop, au gallop, lecol du Montet une petite formalité, et puis la Tête aux Vents … je me dis rien à voir avec l’édition apocalyptique de l’édition 2010 du CCC où j’avais eu droit à une tempête, de la pluie glaciale me mitraillant, un vent violent et polaire, des torrents d’eau à perdre la raison et son orientation … ici l’ascension y est paisible, je sens l’arrivée proche, je reçois encore des sms me soulevant littéralement, je vole, je plane. Après moins de 8 km de varappe, j’atteins le point de contrôle. 

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    Et direction « la Flérège » avec 4 km de  parcours chaotique et très technique sur les sommets montagneux, je profite un max, et j’aperçois au loin la ville de Chamonix éclairée, ça bouillonnante intérieurement, faut me contenir … 

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    Voilà je passe le dernier point de contrôle à la Flégère, une dernière descente de 7 km à travers les pistes de ski et les sous-bois jonchés de racines et cailloux, souvent je m’emberlificote les pieds, mais je m’en fous, j’accélère l’allure, je n’ai plus mal, je revis …

    J’entre dans Chamonix, il est 4 heures du matin, la ville est encore endormie, quelques signaleurs, quelques badauds, quelques accompagnants, la ville presque vide amplifie les quelques applaudissements. Il reste un dernier km, je longe l’Arve, traverse le pont, entre dans la rue commerçante, ma famille m’y attend, c’est l’heure des congratulations, des remerciements. Je mets un point d’honneur à arborer fièrement les couleurs de l’OTC, je fais les derniers mètres en compagnie de Ludo, ça y est je franchis cette ligne d’arrivée, tant attendue, je l’ai enfin mon sésame, me voilà auréolé du polar rouge aux initiales magistrales.

    Waouh quelle aventure, quel bonheur, quel état de grâce, quel introspection ! Me voilà de nouveau plein les yeux, plein les jambes et plein le cœur …

    Je tiens bien sûr, à remercier de nouveau ma famille et mes amis qui m’ont soutenu tout au long de cette aventure.

    Un marathon change un homme, l’ultra-trail change une âme.

    Et une mention toute spéciale, pour Nathalie qui a bouclé héroïquement la TDS et ces 119 km … en jonglant avec les barrières horaires, et ayant eu droit à son heure de gloire sur l’arrivée en terminant dernier finisher …. Il y a encore à peine 3 ans, elle avait du mal à parcourir un petit kilomètre, comme quoi le bonheur est à la portée de tous …  Bravo !

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  • Trail du Val d'Heure - 04/08/2013 [20- 36 - 56 km]

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    Départ et arrivée dans le cadre du Château communal d'Ham-sur-Heure. Parcours vallonné en deux boucles sur sentiers boisés et chemins campagnards.

    3 distances vous seront proposées :

    >> 35 kms – 1020 D+

    >> 20 kms - 460 D+

    >> 55 kms – 1480 D+

    Parcours du 56 km (Boucle de 36 km et de 20 km) :

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    Classement :

    >> 56 km

    >> 36 km

    >> 20 km

    Résultat :

    Distance (km) Temps Moyenne (km/h) Allure (min/km) Position Nbr Participant % position
    56 5:19:43 10,51 05:43 2  53  2

     

    Commentaire :

    Me voici à ma 7ème participation consécutive pour la 10ème édition du trail du Val d’Heure qui se nomme dorénavant le « Trail’Heure » … Ce trail me tient à cœur et me rappelle toujours mon premier trail qui m’a conditionné.

    Arrivé sur place, j’hésite encore entre le 36 et le 56 km ….  Et puis 10 minutes avant le départ je troque pour le 56 km. C’est une de mes dernières grosses sorties avant le redoutable et redouté UTMB, dont le départ est dans 26 jours. Théoriquement, malgré les km avalés ces derniers jours, je devrais me trouver à un pic de forme, et ce trail est une bonne occasion de sonder la température et les sensations.

    Nous serons 130 trailers sur le 36 et 56 km, qui partent ensemble à l’assaut de la boucle de 36 km et ses innombrables côtes … 

    Pas mal de français et flamands sur le départ. Go Go Go  … devant Fabrice Pasque sur le 56 et Davy Lemmens sur le 36 km cavalent seuls en tête … de mon côté piano, piano, je vais miser sur la régularité.

    Après 1,5 km de répit, une petite côtelette  pour atteindre les hauteurs de Beignée, puis la côte du Claquedent et puis celle de l’Amérique …  voilà de quoi calmer les ardeur des trailers … Christopher me rejoint et on fera une bonne partie ensemble … direction la côte du Flaya sans encombre. On traverse Jamioulx avec une liaison plate de quoi dérouler les jambes, et puis un premier terril assez rude. Avec Christopher, nous avons un bon petit ryhtme et rattrapons régulièrement des concurrents.

    Voilà une de faite, à l’assaut du second terril, celui du Cazier, que j’ai gravi au moins 30 fois, ces derniers jours dans le cadre de mon entrainement … ça sera donc une formalité … On arrive petit à petit au centre de délassement de Marcinelle, avec le premier ravitaillement, un peu d’eau, de coca, une banane et c'est reparti pour la traversée du Bois du Prince assez vallonné. Je rattrape ici deux Flamands qui font course ensemble. Je me retrouve sur mon terrain de jeu et dévale rapidement les km.

    On contourne la prison de Jamioulx et je rattrape ici le deuxième du 56 km, je me retrouverai ensuite isolé … un petit tour dans le bois de Nalinnes avec une superbe descente somptueuse dans les sous-bois, une montée fougérineuse et une nouvelle descente technique, c’est le pied ici, et on retrouve le niveau de de l’Eau d’Heure, que nous longeons pour retrouver le Claquedent que nous remontons dans l’autre sens, ensuite direction les hauteurs de Beignée et sa descente jusqu’au Château …

    Voilà je retrouve mes amis du club, qui m’encouragent chaudement. Je m’arrêterai un instant de quoi me ravitailler et partager ce début de course …. Bon il est temps de repartir pour la deuxième boucle de 20 km, je suis toujours deuxième, et je vais essayer de maintenir cette place … Je connais bien cette deuxième boucle, nous l’avons repéré jeudi dernier avec nos amis du bichon club, et je sais donc à quoi m’attendre.

    Une côte sèche pour démarrer et après avoir longé l’Eau d’Heure dans un écrin de verdure entouré d’orties et monté le tordoir, voici une descente à travers les arbres abattus, une remontée bien pentue, un champ et on se retrouve à Fontenelle. Des bouteilles d’eau sont posées au sol, et personne : je suppose que c’est notre ravitaillement … Je repars direction le bois de Baconval, où la principale difficulté est les sentiers forestiers parsemés de gros cailloux qui peinent nos pauvres petits pieds … 

    Encore une grosse côte et une descente et on trouve le lac du Rau du Moulin, une nouvelle côte sauvage, merci pour le débroussaillage !! une descente bien technique comme je les aime, et puis direction Berzée avec une longue ascension dans le Bois de Sauci. Je suis toujours esseulé …. Je redescends sur Cour-sur-Heure, traverse la place. Je sais qu’ici le plus dur est fait … une dernière petite côtelette et puis un long sentier dans les campagnes sous le soleil pesant. Je me retourne et ej suis toujours seul, ça devrait donc le faire. … Je croise ici une participante du 20 km, qui fait de la marche et m’encourage pour les derniers kilomètres … J’en ai enfin fini, une dernière descente … une formalité et je retrouve le Château …. Et vraiment satisfait, je serai derrière Fabrice Pasques à 8 minutes, comme l'édition précédente sur le 36. Pas si mal … et assez frais (c'est relatif !)

    A noter les bonnes performances des otéciens et CPMViens avec 1ère place féminine sur le 20 km pour Magali, la deuxième pour Florence et la 3ème place homme pour Romain, sur cette même distance. Nathalie, Nicolas, Frédéric, Thomas et Christopher ont bouclé le 36 km et Didier et Julien ont dominé le 56 km.

    Heureux également de retrouver un trail, avec un vrai esprit trail, où les gens, les organisateurs ne se prennent la tête …   et toujours cet accueil chaleureux de nos amis du club d’Ham-sur-Heure, c’est toujours un plaisir de partager cette convivialité, et en musique !

    Merci donc au club d’Ham-sur-Heure, pour cette remarquable organisation ! 

    Seul petit bémol (et encore) la technique de balisage utilisée (point bleu) exige une grande concentration de la part des trailers, surtout lors des changements de direction … Maintenant si on y prêtait attention, cela ne posait pas de soucis.

    A l’année prochaine donc, avec un nouveau parcours ? !

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    Galerie Photo :

    >> O2 Max

    >> La mouche

    >> Jacques P@py (album 1)

    >> Jacques P@py (album 2)

    >> jogging.lavenir.net

    >> Vincent