• CCC - 27/08/2010 [98 km - 5600 m D+]

    Ultra Trail du Mont Blanc 2010

    CCC_home.jpg

    Parcours :

    Carte_CCC.jpg

    Dénivelé :

    CCC_den.jpg

    Allure : 

    CCC_vit.png
    CCC_vit_int.png

    Classement :

    Classement  : Cliquez Ici

    Résultat :

    Distance (km) Temps Moyenne (km/h) Allure (min/km) Position Nbr Participant % position
    98,5 16:22:41 6,01 09:59 91  1997  5

    CCC_temps_passage.jpg

    Commentaire :

    Voici mon compte-rendu, d'une course Hors-du Commun ....

    Prologue :
     
    Il y a un an, est venue me trotter l’idée  de participer au Mythique Trail du CCC, le petit frère de l’UTMB, qui a le vent en poupe … Et c’est avec Catherine et Fréderic du club CPMV que nous tentons l’inscription ; puis il faut attendre avril pour le tirage au sort …. 9 chances sur 10  … et ça y est nous avons tous notre sésame … la machine est lancée !
    Préparation :

    Malgré mes nombreuses participations aux trails, je n’ai jamais dépassé les 7 heures de course et c’est avec une appréhension que j’aborde la préparation. Je compte mettre toute mes chances de mon côté … car je sais qu’on ne peut s’aventurer au CCC sans préparation … Après plusieurs lectures, échanges d’expériences, et avec ma petite expérience, je baserai ma préparation sur plusieurs axes :

    1. Le plan d’entraînement
    2. Le renforcement musculaire
    3. La technique de course
    4. L’alimentation (avant et pendant la course)
    5. L e renforcement mental
    6. Le matériel

    Et c’est en ne négligeant aucun de ces points, qu’on met toutes nos chances de nos côtés.
    1.  Plan d’entraînement :
    Je démarre mon entraînement, début juillet, soit 7 semaines de préparation spécifique avec 4 sorties par semaines : footing d’une à une heure et demi, sortie rando-course de 3 à 4 heures, intervalle en côte  et sortie avec côtes soutenues. J’aurai la chance de m’entrainer une semaine dans les montagnes Ardéchoises pendant mes vacances et j’essayerai d’intercaler des sorties VTT ou natations.
    2. Renforcement musculaire :
    Pour un trail avec plus de 5600 mètres de dénivelé positif et des pentes avoisinant les 30% , il faut préparer notre corps à limiter le traumatisme et à encaisser les chocs, surtout lors des descentes. Je renforcerai tout d’abord les cuisses, ensuite la ceinture abdominale et les dorsaux, principalement avec des exercices de gainage (3 fois par semaine pendant 10 minutes).
    3. Technique de course :
    Le but est d’optimiser les foulées en montées et en descentes. Sur les montées, en s’appuyant avec talon et non la pointe du pied, afin de faire travailler les cuisses au lieu des mollets (et éviter les crampes) et en descente, avoir le plus de confiance en soi , en se laissant aller (pencher vers l’avant) avec des petits pas (moins traumatisant) et en se décontractant … la théorie est facile, mais il va me falloir des heures de descentes avant d’être vraiment à l’aise.
    Il faut également habituer sa foulée sur tous types de terrains possibles (caillouteux, rocher, boue, sentier, macadam, etc …) que j’essaierai d’intégrer le plus possible dans mes sorties.
    Il faudra également s’habituer à pouvoir enchainer des côtes et descentes, et faire des sorties de nuits avec lampes frontales.

    Et enfin s’habituer à la course avec bâtons.
    4. Alimentation :
    Tout d’abord, grâce au conseil avisé de diététicien, préparer un régime pour la semaine J-1, et surtout  s’entraîner à s’alimenter pendant une course … et oui la plupart des abondons sont dus à des problèmes gastriques … et c’est lors de mes sorties, que je testerai plusieurs types d’alimentation. Ce qui me permettra d’établir la meilleure stratégie alimentaire pendant la course.
    5. Renforcement mental :
    Après plusieurs kilomètres de course, en passant par des états euphoriques, la fatigue musculaire s’installe petit à petit ainsi qu’une fatigue mentale. Et malgré la douleur physique, on devra être capable de l’accepter et continuer l’effort. De mon côté, dans mon plan d’entraînement, je programmais la sortie longue, le lendemain d’une séance intensive. Et d’autre part j’écoutais du Céline Dion 1 fois par semaine pendant 1 heure (mais attention, pour ce dernier exercice, je conseille d’y aller progressivement …)
    6. Matériel :
    Courir c’est bien, dans les meilleures conditions c’est mieux. Je porterai une attention particulière à mes chaussures de Trails, des Salomon Wings, que je testerai avec succès. Et pour mon sac à dos : un Salomon XT 10+3, que je trouve très pratique.
    Pour le reste, j’utiliserai mon matériel habituel.
    Ensuite, lorsque tout le matériel obligatoire ou conseillé se retrouve dans le sac, il faut s’obliger à courir avec … afin de s’habituer à porter 4 kg sur le dos, et vérifier que rien ne gêne et que tout est facilement accessible.
     
    J-2 :

    Nous voilà parti en famille, direction Argentière, à côté de Chamonix, dans un ravissant chalet, avec une vue magnifique sur le mont-blanc et l’aiguille du midi. Le voyage se passera sans encombre. Une fois sur place, on respire le bonheur, il fait beau, le ciel est dégagé et on peut profiter pleinement du panorama qui s’offre à nous. Après s’être installé, on ira rejoindre notre petit groupe à Chamonix pour boire un verre, et retirer le dossard ... et quelle organisation, tout étant fait pour éviter le stress des queues longues … impressionnant !
     
    J-1 :
    Au matin, nous ferons en famille une petite randonnée de deux heures, afin de s’acclimater quelque peu avec l’altitude. L’après-midi était organisé un mini-CCC et un mini-UTMB, pour les kids … l’idée était très sympa, mais une fois sur place c’était le n’importe quoi, pas d’organisation, des bénévoles étudiants désorientés dépassés par les évènements, tout cela nous conduira à retourner au chalet, où je pourrai me reposer … je préparerai l’itinéraire pour les accompagnants avec ma femme … chose qui ne sera pas facile, car je ne sais pas estimer mes temps de passage … mais après des formules empiriques et des estimateurs trouvé sur internet on visera 21 à 22 heures. Je prépare ensuite mon sac … voilà tout est prêt et y a plus qu’à dormir.
    J-0 : Le départ :

    Réveil à 6h00 du matin, petit déjeuner avec un café et tartine Nutella et puis direction Chamonix pour le départ en bus vers Courmayeur. Le ciel est très chargé, c’est pas bon signe, mais bon faut y aller … on arrivera sur place vers 9h00 et nous irons rejoindre notre petit groupe avec des trailers  de l’ESM, la pression commence à ce faire sentir, et l’ambiance monte … 15 minutes avant le départ, j’irai me placer au milieu … afin de démarrer sagement … Bientôt le départ , et retentissent les hymnes nationaux Italien, Suisse et Français, pays que nous allons traverser, et puis c’est la drache … hmm vite les vestes imperméables … et 10-9-8-7-6-5-4-3-2-1 C-C-C mon aventure commence je m’arrêterai un instant devant ma petite famille et à bientôt à la Fouly …

     (Départ CCC)
     
    >> Courmayeur (1220 m) – Tête de tronche (2584 m) : 17 ème km
     
    La petite balade

    CCC_0_17.jpg

     
      
    On traverse le charmant petit village, sous les applaudissements du public, je suis sagement la troupe, les rues sont bondées, la traversée du village se fera au pas avec quelques bouchons sur les rues étroites … on quitte Courmayeur la pluie se fait plus dense et quelques coups de tonnerres retentissent. Les routes s’élargissent et ca commence à monter, les trailers essayent de trouver sa propre allure … ils se cherchent et hésitent , je cours ? je marche ? je sors les bâtons ? De mon côté ma stratégie sera de marcher avec bâton si la côté est plus grande que +-5% et je n’hésiterai pas ...
    Après le premier pointage au km 7 à Planpincieux, on démarre l’ascension sur sentier mono-trace … et donc difficile de dépasser. Je suis sagement le long filet de trailers, je ne suis pas à mon allure, mais tant pis et profite du paysage, la principale difficulté ici sera la boue, mais sinon pas de problème majeur, la pente est gérable et on arrive au km 12 au refuge Bertone. La bonne nouvelle, c’est que le temps s’est calmé, la mauvaise c’est que le profil est bien changeant. C’est que cela devient sérieux … le chemin étant plus large on peut grimper à son allure, et passé les 2200 m d’altitude le paysage qui nous est offert est magnifique, wahouu. On voit déjà au loin le long filet de trailers se dirigeant vers le sommet … et de mon côté après 2h51 j’atteindrai celui-ci.
    >> Tête de tronche (2584 m) - Arnuva (1769 m) : 27 ème km

    Plein les yeux

    CCC_14_24.jpg

     
    Et c’est parti pour la descente, je me laisse aller et quand c’est possible, je dépasse les trailers, et encore un paysage somptueux, petit moment de nostalgie, le panorama me fait penser aux décors d’Heidi et je me surprends à chantonner son hymne yodlique …

    On passera par le refuge Bonatti pour attaquer une nouvelle descente, sans difficulté, vers Arnuva, où nous retrouvons la civilisation, avec du public. Ça sera mon premier ravitaillement, après 4h15 de course, je remplis ma poche d’eau, prend une soupe et avale quelques tucs … Voilà de quoi tenir et je repars tout gaiement en sortant de la tonnelle.
    >> Arnuva (1769 m) – Grand Col Ferret (2537 m) : 31 ème km
    The big ascension

    CCC_18_31.jpg

    Ma course sera de courte durée, car un mur est devant  nous, je ressors les bâtons  et puis je marche, je ne comprends pas encore très bien, mais une centaine de mètres plus haut, le monstre est devant moi, ce grand Col en forme de pointe, on y voit au sommet de tout petit bonshommes … Allez il y a plus cas ! Je suivrai deux bons italiens tout le long de l’ascension, et il va me falloir plus d’une heure pour arriver à bout de ces 4 km aux contours vertigineux.

     (Sommet Grand Col Ferret)

     
    >> Grand Col Ferret (2537 m) – La Fouly (1598 m) : 41 ème km
     
    On se lâche

    CCC_28_41.jpg

    Nous entrons en territoire helvète, le vent est au rdv, et là je me lâche, la descente est négociable  avec un peu de technique. On passe la Peule et on se dirige doucement vers La Fouly, où ma petite famille devrait m’attendre, je terminerai ce tronçon en compagnie d’un trailer français qui a déjà fait le CCC, et me donnera quelques petits conseils. Une fois arrivé sur place, je suis accueilli par ma fille et puis par madame, surprise de me voir déjà arriver … en regardant le chrono je suis sur les bases de 19 à 20 heures … je suis relativement frais, pas marqué , pas de bobo, un bon moral, et je profite du ravitaillement, je remplis ma poche d’eau, un verre de coca, 3 tucs et la soupe aux vermicelles … aller un gros bisou à tout le monde et prochain RDV à Champex-Lac.
    >> La Fouly (1598 m) – Champex-Lac (1477 m) : 55 ème km

    La descente aux champignons

    CCC_40_48.jpg

    CCC_46_56.jpg

    Une longue descente de 10 km, à la pente « légère » avec de temps à autre du macadam est au programme, ce qui me donnera l’occasion de croiser ma famille empruntant le bus les conduisant à Champex … Cette descente est monotone et interminable, heureusement que l’on traversera deux petits villages suisses. Après un pointage à Praz de Fort, nous finissons enfin la descente à 1068 m d’altitude pour attaquer une grimpette vers Champex-Lax par les bois, j’accompagnerai un trailer français, pour qui comme moi, c’est une première et on échangera nos premières impressions … Pour le moment çà va … mais on n’a même pas entamé la moitié du dénivelé prévu … allez courage … La montée du bois sera parsemée de quelques sculptures en bois locales, de quoi agrémenter l’ascension et nous voilà à Champex. Mais dès les premiers applaudissements chaleureux, voilà qu’il se met à pleuvoir, vite à l’abri dans le chapiteau …

    8h15 de course, c’est un gros ravitaillement, et je ne change pas une équipe qui gagne, donc 1 coca, quelques tucs et une bonne souplette … et puis je cherche ma femme … elle n’est pas là … je crie un bon coup, on ne sait jamais, et je la vois par magie … ha c’est déjà toi, encore surprise ….ben oui c’est moi.  Bon, nous entamons la soirée, je vais me changer … et je remplacerai juste mon tee-shirt, par mon polo de VTT, et je garde ma casquette afin de me protéger de la pluie, je garde mon cuissard court. Je revois avec madame mes dernières prévisions de temps, afin d’organiser l’accompagnement… de mon côté c’est toujours ok et on se dit qu’il y a une chance que j’arrive la nuit et non le matin comme prévu, et donc elle décide de me suivre au prochain ravitaillement à Trient. Et tant mieux pour moi.
    Allez, il est temps de partir … @+
     
    >> Champex-Lac (1477 m) – Bovine (1987 m) : 65 ème km
     
    La pluie fait des claquettes

    CCC_54_66.jpg

    Le ciel s’est soudainement obscurci, une pluie diluvienne s’abat sur Champex … et c’est sur une ville déserte que je longe le lac et quitte celle-ci. Une petite descente et on se retrouve au pied de la Bovine. Le climat est redevenu clément … c’est déjà cela, les premiers hectomètres se font en légères montées, mais on sera vite calmé,  dés les premiers lacets du col … le sentier qui nous est proposé est sauvage et très exigeant, malgré la très très grande difficulté, je trouve plaisir à déjouer racines, roches, végétation et torrent. Je m’approche de Bovine d’un pas régulier, où une tente à été installée pour un ravitaillent minute, nous ne sommes pas nombreux, juste une dizaine, je m’arrêterai un instant pour avaler ma traditionnelle soupe aux vermicelles … et je repars seul .
    >> Bovine (1987 m) – Trient (1300 m) : 71 ème km
     
    Cargo de nuit

    CCC_66_79.jpg

    Une descente de 6 km par les bois est prévue au programme, et la nuit commence à faire son apparition, j’allume mes lampes frontales, et j’entame cette descente. Le sentier se fait piègeux par ces racines, sa boue, son profil accidenté et l’obscurité, mais je me sens relativement en confiance, alors je fonce et évite tous ces pièges. 45 minutes plus tard me voilà à Trient et déjà 11 heures de course. De mon côté, toujours pas de problème physique ou mental. Je me ravitaille, discute avec ma petite famille et leur demande s’ils tiennent le coup… ça va aussi de leur côté. RDV à Vallorcine alors ? ok aller dans + de 2 heures

    >> Trient (1300 m) – Catogne (2027 m) : 76 ème km
    Toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort

    Je quitte Trient  en pleine confiance, et on se retrouve vite au vif du sujet ! Le profil est bien régulier à du 18%, on commence l’ascension. Je rejoins vite 2 trailers et on fera une bonne partie ensemble. Le sentier étant bien praticable, cela parait surmontable, mais 4 km d’ascension à du 4 km/h de moyenne c’est long, vraiment long, et on a l’impression que cela ne s’arrête jamais, surtout quand on n’a pas de repère visuel et qu’il s’est remis à pleuvoir… de mon côté je monte sans broncher, et prend mon mal en patience, l’autre trailer peste et tel le schtroumf à lunettes : Chef on est bientôt arrivé …

    Après une heure d’effort, on retrouve le sommet, il commence à faire frisquet, et au pointage j’aurai droit aux encouragements des courageux pointeurs et à un petit feu nous réchauffant quelque peu.
    >> Catogne (2027 m) – Vallorcine (1260 m ) : 81 ème km
     
    Descente aux enfers

    CCC_76_87.jpg

    La descente vers Vallorcine sera très périlleuse, on ne voit pas très bien, le vent glacial est présent, c’est très raide, je crois que l’on est à bord de falaise et surtout c’est très boueux et glissant. Dans ces conditions, cette descente sera vraiment très éprouvante pour l’organisme, (plus que la montée) et va sans doute laisser des traces et des plumes chez les trailers.

    J’arrive pour mon plus grand bonheur à Vallorcine … et pour la première fois je suis marqué, et ne fais pas mon traditionnel « in the noze » à mes enfants … je prends mon temps de bien me ravitailler, et pour la première fois me force à avaler la soupe. Mais 5 minutes plus tard je retrouve mon bon moral, et physiquement je me ressens d’attaque … allez derniers bisous collégial et à Chamonix pour l’arrivée. Il est 23h00 quand je quitte Vallorcine et je donne RDV entre 2 et 3 heures du matin à Chamonix … si les enfants tiennent le coup eux aussi …
    Mais je ne prends pas encore conscience des  dernières difficultés ...
    >> Vallorcine (1260 m ) – La Tête aux Vents (2130 m) : 88 ème km
     
    Le ciel nous est tombé sur la tête
     
    La première étape est de rejoindre le col des Montets, ca monte légèrement sur 3 km, j’alterne course et marche afin de me préserver pour l’ascension.

    Et puis je me retrouve au pied du col, lève la tête et aperçois, tel des vers luisants, de petites loupiotes dans le ciel. Mais non ! le ciel ne s’est pas soudainement éclairci, il ne s’agit pas d’étoiles filantes dans le noir du firmament, ce sont des trailers qui essayent d’arriver au bout du col, ça impressionne ! … allez Christophe c’est la dernière difficulté me dis-je … et j’affronte ce col, les premiers hectomètres me paraissent surmontables, mais plus ca monte et plus cela devient raide ; plus ça monte et plus le chemin devient escarpé ; plus ça monte et plus le sentier laisse place à un tracé sur roche sauvage qu’il faut dompter ; plus ça monte et plus le vent devient glacial et plus la pluie s’intensifie. Mais je tiens bon, et grimpe à allure régulière, ce qui n’est pas le cas de tout le monde … malheureusement certains craquent ...
    Arrivé à 2000 m d’altitude, on pense notre calvaire terminé et ben non, nous rencontrons les pires conditions possibles, on doit encore rejoindre la Tête aux Vents … mais le temps est polaire, le semblant de sentier a laissé place à un torrent improvisé, le vent plus que glacial à doublé en intensité, la pluie à la limite de la grêle nous mitraille le visage, on doit jongler et jouer à l’équilibriste sur la roche accidentée et glissante. C’est vraiment la galère pour tout le monde … après 1h15 de souffrance nous atteignons la Tête aux Vents … On ne verra pas grand-chose … d’ailleurs on ne voit rien … sauf un moment un pointeur pour un point de contrôle … Le pauvre … nous, à la limite, même si on est frigorifié on bouge, mais lui il reste sur place immobile ...
    >> La Tête aux Vents (2130 m) – La Flégère (1860 m) : 91 ème km
     
    Un peu de tout

    CCC_87_98.jpg

    Descente ? si on peut parler de descente, nous devons tripler de vigilance … Une succession de roches sauvages sont à « descendre »  les conditions climatiques et la nature du terrain accidenté rendent la traversée éprouvante nerveusement et physiquement. De temps à autre on doit relancer sur des petites montées, et même si on court et qu’on a l’impression d’aller vite, on ne fait du  5 km/h pour rejoindre La Flégère.

    Un ravitaillement est disponible. C’est vrai qu’avec ces conditions, je n’ai pas bu beaucoup … je me refais vite une santé avec la potion magique de la souplette au vermicelle. Je regarde ma montre GPS et m’indique 95 km, cool me dis-je plus que 3 km de descente … et que nenni on me signale qu’il en reste encore 7 ! Bon je ne suis pas à 4 km près et je repars de plus belle pour rejoindre ma belle. Et on me souhaite une bonne descente …

    >> La Flégère (1860 m) – Chamonix (1035 m) : 98 ème km
     
    Nous irons tous au Paradis
     
    Une descente technique sans trop de difficulté, à travers les bois lacetés,  que j’aborderai rapidement. On voit en point de mire la ville éclairée de Chamonix … et au fil des minutes, tel un effet de zoom, Chamonix se rapproche de moi, puis elle me touche de plein fouet, je la contourne, entre dans le centre, on me fais passer par les rues principales, il est plus de 2 heures du matin, et il reste encore quelques badauds, certains éméchés, d’autre des bénévoles, puis les quelques accompagnants attendant patiemment leurs proches, et dont ma femme et mes enfants …et Amandine terminera avec moi les derniers mètres.


     
    Me voilà donc Finisher du CCC … et j’aurai parcouru les 98 km et ses 5600 m de dénivelé positif en 16h22.
     
    Epilogue :
     
    Arrivé au chalet et après un bon bain relaxant, je prends des nouvelles de Catherine et Frédéric, et j’apprendrai qu’ils auront été arrêtés à Vallorcine à cause de conditions climatiques après 20h00 de course… c’est vraiment dommage.
    L’UTMB a été neutralisé et le TDS a été annulé ! Mais bon sécurité oblige …
    De mon côté, j’ai été agréablement surpris par ma résistance à cette épreuve… je pense avoir fait une bonne préparation au point de vue physique, alimentaire et stratégique.
    Et puis au niveau moral, un grand coup de chapeau à ma petite famille, qui m’a suivi et encouragé tout le long du circuit et même Ludo, à la limite de la somnolence, était présent  à l’arrivée.
    Merci également à tous les bénévoles et au public qui nous ont chaleureusement encouragées.

    DSC_0051.JPG

    DSC_0052.JPG

    DSC_0060.JPG

    DSC_0062.JPG

    DSC_0067.JPG

    DSC_0171.JPG

    DSC_0173.JPG

    DSC_0182.JPG

    DSC_0187.JPG

    DSC_0224.JPG

    DSC_0326.JPG

    DSC_0328.JPG

    DSC_0354.JPG

    9162365.jpg  9165618.jpg  9173660.jpg

    9182241.jpg 9183321.jpg 9187686.jpg

     

    Galerie Photo :

    Galerie Photo 1 : Cliquez Ici

    Reporage Video :

    >> Magnifique reportage


    >> Le CCC vu par des italiens très sympatiques (que j'ai suivi le long de l'ascension du grand Col Ferret)


    >> Une Vidéo comme si vous y étiez ....


    Tracé GPS/GPX :

    >> Parcours  du CCC : Cliquez Ici

  • 7ème Trail du Val d'Heure - 08/08/2010 [36 km]

    vh_home.jpg

    Départ et arrivée dans le cadre du Château communal d'Ham-sur-Heure. Parcours vallonné en deux boucles sur sentiers boisés et chemins campagnards.


    3 distances vous seront proposées :

    >> 36 kms – 1020 D+  

    >> 20 kms -   460 D+  

    >> 56 kms – 1480 D+

    Parcours :

    vh_google.jpg
    vh_ign.jpg
    tc_ign_3d.jpg

    Dénivelé :

    vh_den.jpg
     

    Pente (%) : 

    vh_pente.jpg

    Allure :

    vh_vit.png
    vh_vit_int.png
    vh_k.png

    Classement :

    Classement 20  - 36 - 56 km : Cliquez ici

    Résultat :

    Distance (km) Temps Moyenne (km/h) Allure (min/km) Position Nbr Participant % position
    36,6 3:18:14 11,08 05:25 7  76  9

    Commentaire :

    Voilà, dernière ligne droite avant le CCC, cela fait deux semaines intenses où j’enfile sous mes réacteurs : kilomètres et dénivelés. J’ai eu la chance de crapahuter, il y a deux semaines la moyenne montagne en Ardèche, de quoi m’acclimater quelque peu avec les sentiers rocailleux aux pentes vertigineuses … et cette semaine, un trail de ma région, celui du Val d’Heure … Quel plaisir de fouler chaque centimètre carré, sur mes terres d'entrainement …

    tv_DSC06164.JPG

    Et encore un succès grandissant pour cette édition, avec 298 participants pour les 3 épreuves réunies, sans doute grâce à cette organisation remarquable et à cette magnifique région qui ne demande qu’à être surmontée. Ceci ne se fera pas sans peine, le tracé au profil sismique nous fera traverser les villages de Beignée, Marcinelle -  et son site remarque du bois du Cazier -  Loverval, Nalinnes et retour au Château.  Pour la boucle des 20 km au profil sinusoïdal, les villages d’Ham-sur-Heure, et Cour-sur-Heure seront à l’honneur. Mais gare aux embûches, les successions incessantes de crêtes devront être gérées judicieusement sous peine de passer à trépas.

    Cette année mon choix se portera sur le 36 km, c’est qu’il faut commencer à se ménager un tantinet et il faut réduire petit à petit la charge d’entrainement. Et ce n’est pas plus mal ainsi, mes gambettes m’en seront éternellement reconnaissantes.

    tv_tvh2010.jpgLes 36 et 56 km partent ensemble, nous partagerons cette première boucle, direction Beignée et déjà la première petite bosse, rien de bien méchant et un peu plus loin après avoir retrouvé l’Eau d’Heure, une deuxième hmm, et après avoir retrouvé de nouveau la rivière, on remonte Beignée par le lieu dit de l’Amérique, j’imagine les pauvres habitants de ce quartier, en hiver, les routes enneigées, et isolés du monde …

    Notre fil rouge pour ces premiers km sera bien l’Eau d’Heure et c’est donc naturellement qu’on la rejoint, pour un petit km de « répit » légèrement plat, cela ne dure pas longtemps car on rejoint de nouveau les hauteurs avant d’arriver au pied du Flaya, belle côte réputée de la région empruntée dans de nombreuses épreuves régionales. Déjà 10 km et une tripotée de côtes, et nous arrivons au bas de Jamioulx pour rejoindre le bois du Cazier, cette année pour des raisons de non-autorisation, le tracé sera amputé d’un premier terril, et passera par le bois de la Magneroule. Nous arrivons au pied du terril du bois du Cazier de Marcinelle, un petit sourire pour la caméra, et puis c’est tout droit : va falloir gravir ce terril avec une pente avoisinant les 30 %. Et c’est parti pour le show ! J’avance doucement mais sûrement, quelques minutes plus tard, les cuisses figées, je suis au sommet, à l’observatoire du paysage, à près de 250 mètres d’altitude où l'on peut embrasser sur 360° le panorama magnifique de notre belle région Carolorégienne. Allez, fini de rêvasser, faut dévaler, et tournons, tournons autour de ce crassier, tournons, tournons à nous rendre fou, colimaçon étreignant ce terril, et me voici déjà au pied de celui-ci …

    tv_bc.jpg

    Changement d’ambiance et de direction, nous nous dirigeons vers le centre de délassement de Marcinelle et son bois du Prince, petit coin touristique, bien connu par les clubs sportifs régionaux pour son parcours Vita et par les farnientetistes pour ses piscines et son lac. De notre côté nous aurons « l’honneur » de visiter, de re-visiter, et de re-re-visiter ce bois en fond et en large et en hauteur… pendant plus de 8 km …

    Après avoir traversé rapidement Nalinnes, nous rentrons dans Jamioulx pour une partie assez compliquée à gérer, c’est que nous contournerons la prison avec quelques montagnes russes. Le temps d’un instant, un badaud me donnera la bonne direction, et oui, certains trouble-fêtes (faut croire qu'il y a un élevage dans le coin ...) ont rebalisés le circuit dans une mauvaise direction en plein milieu des bois, heureusement que quelqu’un était sur place pour nous prévenir ….
    Voilà j’en ai terminé avec Jamioulx , direction notre fil rouge par le bois domanial de Nalinnes, magnifique mono-trace le long de petits rus, dans une nature sauvage, c’est vraiment le pied ici. Au kilomètre 31, on rejoint l’Eau d’Heure, et on reprend, un peu plus loin,  le tracé de la deuxième côte du jour, mais en sens inverse … allez je suis à la 18ème côte consécutive, et je ne vais pas faiblir. On rejoint pour la dernière fois les hauteurs de Beignée synonyme de dernière difficulté … plus que deux km à se laisser coulisser jusqu’au château.

    Je terminerai l’épreuve en compagnie d' Eseube, et relativement content de moi, tréssaillant de bonheur, sans bobo, et sans douleur, j’espère qu’il s’agit d’un bon présage pour le CCC …

    Après avoir fais 2-3 km de marche avec des bâtons pour me décrasser, j’attendrai sur place Patrick, Frédéric et Alain du Club, participant, eux,  au 56 km, je les encouragerai bien chaleureusement et félicitations à tous !

    Je tenais de nouveau à féliciter les organisateurs et les bénévoles du club jchsh pour cette remarquable édition sans faille avec une intendance au top ! Bravo et bonne continuation, et pour certains de votre club : RDV à Courmayeur le 27 août.

    Galerie Photo :

    Galerie Photo 1 : Cliquez Ici

    Video :

    telesambre5 Reportage Télésambre du 13/08/2010 :